Calculer un seuil
de réapprovisionnement.

Beaucoup de seuils de réapprovisionnement ont été saisis une seule fois, au démarrage, sans calcul. Ils déclenchent trop tard sur les pièces critiques et trop tôt sur le reste, si bien qu'on finit par ignorer les alertes.

Mis à jour le · lecture 2 min

Ce que coûte une rupture

Le coût visible, c'est la pièce rachetée en urgence, plus chère, parfois chez un autre fournisseur. C'est souvent le moins élevé des trois.

Vient ensuite le déplacement perdu : un technicien qui repart sans avoir dépanné, un second passage à caser, un créneau à reprogrammer. Le troisième, généralement le plus lourd, est chez le client : une chambre froide à l'arrêt ou un local qui n'est plus climatisé se chiffrent en marchandise perdue ou en activité interrompue.

Comparer le coût d'un stock dormant au seul prix de la pièce fausse donc l'arbitrage.

Seuil et stock minimum

Le stock minimum répond à « combien dois-je toujours avoir ». Le seuil de réapprovisionnement répond à une autre question : « à partir de quelle quantité dois-je commander pour ne pas tomber à zéro avant d'être livré ».

Il dépend de deux grandeurs : la consommation moyenne sur la période et le délai réel de réapprovisionnement. Une pièce consommée deux fois par semaine avec dix jours ouvrés de délai fournisseur n'aura jamais le même seuil que la même pièce disponible en agence le lendemain matin.

Retenir le délai constaté

Retenez le délai constaté, de la commande à la mise à disposition au dépôt, plutôt que celui du catalogue. Il inclut le temps de validation interne, souvent sous-estimé, et les ruptures du fournisseur.

Ce délai varie au fil de l'année : en climatisation, il est bien plus long en mai qu'en novembre. Un seuil identique toute l'année expose à une rupture saisonnière.

Des alertes utiles

Une alerte de seuil n'est utile que si elle est rare et appelle une action. Trente alertes chaque matin sur des joints et des vis finissent par ne plus être lues.

Deux réglages y remédient : réserver l'alerte aux références dont la rupture bloque une intervention, et distinguer ce qui est déjà commandé de ce qui ne l'est pas, pour ne pas alerter deux fois.

Le cas des pièces à faible rotation

Une pièce sortie deux fois par an n'a pas de consommation moyenne exploitable, et son seuil relève d'une décision : si l'équipement concerné est critique chez un client sous contrat, vous en gardez une en stock ; sinon, vous acceptez le délai de livraison.

Ce choix se fait une fois, référence par référence, et doit être noté ; sinon il se refait à chaque rupture, dans l'urgence.

Questions fréquentes

Faut-il un seuil sur toutes les références ?

Non. Sur un catalogue de plusieurs milliers de lignes, seule une petite partie en a besoin. Mettre un seuil partout multiplie les alertes et masque celles qui comptent.

Comment tenir compte des pièces qui dorment dans les camions ?

Comptez tous les points de stock, dépôt et véhicules compris : un seuil calculé sur le seul dépôt déclenche des commandes alors que la pièce est déjà dans un camion.

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